La filière porcine

Introduction

Le système d’élevage insulaire est de type extensif, très différent du système intensif largement représenté en France et en Europe. Il repose sur l’utilisation d’un territoire montagnard par des animaux de race locale et croisée particulièrement bien adaptés au milieu. Ce système d’élevage est organisé autour de structures productives de petite taille, travaillant le plus souvent de façon isolée et réalisant des volumes de production très limités. On dénombre environ 500 exploitations agricoles détentrices de porcs. Cependant, on évalue à une centaine, le nombre d’exploitations pour lesquelles l’élevage porcin constitue la spéculation première. Ces exploitations produisent annuellement 26 000 bêtes pour un volume estimé à 2 130 tonnes de viande. Les produits de charcuterie issus de ce type d’élevage sont directement élaborés par les éleveurs, dépositaires des savoir-faire anciens en matière de transformation, qui en assurent également la vente. Dans l’ensemble, ces produits présentent une typicité spécifique reconnue qui a permis de construire la notoriété de la charcuterie corse.
Le niveau de chiffre d’affaire issu de l’activité de transformation charcutière est évalué à 12 M € par an. Le volume de charcuterie produite représente 1 000 tonnes en ce qui concerne les unités de production de type « éleveurs / transformateurs » et environ 11 000 tonnes pour les transformateurs qui travaillent de la viande importée. Le volume de produits finis importés est indéterminé.
 

Problématique

Préserver et développer un patrimoine : Le marché de la charcuterie corse se caractérise par une demande très supérieure à l’offre. En conséquence, depuis quelques décennies, plusieurs unités de transformation industrielles se sont développées. Elles importent de la matière première extérieure présentant des coûts de revient très largement inférieurs à ceux de la matière première locale et vend les produits sous l’appellation « charcuterie corse » à des prix souvent calqués sur ceux des produits fermiers, ce qui constitue un abus de l’image de marque du produit traditionnel.
Diminution constante du nombre d’éleveurs porcins et du cheptel né et élevé en Corse : Le déficit de porcs charcutiers sur le territoire insulaire contribue à l’importation de viande à destination de la transformation et favorise la concurrence des charcuteries importées ou réalisées à base de matière première exogène. Ce déficit est accentué par une trop faible structuration des exploitations, carence issue d’un manque de rentabilité de l’activité.
Inexistence de signe officiel de qualité : Actuellement, les différentes structurations et organisations de l’activité de transformation aboutissent à la mise en marché de 4 types de produits qui ne sont pas clairement différenciés :
  • produits issus de la transformation de porcs de race corse, nés et élevés en corse
  • produits issus de la transformation de porcs de race exogène, nés et élevés en corse
  • produits issus de la transformation de porcs importés puis transformés en corse
  • produits finis directement importés

 

L’objectif à court terme est d’obtenir une AOC sur le prisuttu, la coppa et le lonzu. Ceci implique de déployer un schéma de sélection et de multiplication efficace. Actuellement, une verraterie est opérationnelle sur le site d’Altiani.
Des procédés innovants de conditionnement et de mise en marché devront être développés pour mieux valoriser les produits AOC et les positionner efficacement sur les segments haut de gamme. Une structure régionale de commercialisation est également envisagée.
Un autre type de certification, type Label Rouge, est également envisagé afin d’élargir la gamme de produits. Cette certification s’adresserait aux producteurs désireux de continuer à élever des races porcines exogènes ou croisées.
A plus long terme, une certification sur les autres produits porcins (saucisse, ficatellu, etc.) devrait être envisagée.

 

Le cheptel

On recense 292 exploitations détentrices de porcins, dont 55% se situent en Corse-du-Sud et 45% en Haute-Corse. Les territoires les plus représentés en Corse-du-Sud, sont le Taravo / Valinco / Sartenais (22%) et le Pays ajaccien (17%). En Haute-Corse, les exploitations porcines se situent surtout en Castagniccia / Mare e Monti (17%) et en Centre Corse (14%). On peut noter le faible pourcentage d’exploitations porcines sur le territoire de Balagne (2%).

 

Ainsi, en 2008, on estime le cheptel porcin total à 58 855 têtes, dont 4 810 truies mères.
Environ 56% des animaux sont présents en Corse-du-Sud et 44% en Haute-Corse.
 
De 2005 à 2007, le volume de production a subi une croissance importante, passant de 2 660 t à 3 327 t. Les premières estimations indiquent que 2008 devrait voir celui-ci encore progresser de près de 6% par rapport à 2007 pour atteindre environ 3 457 t. Selon les professionnels, les valeurs proposées par Agreste semblent sous-évaluées relativement au nombre de truies mères.
 

La pluri-activité

L’échantillon d’éleveurs présent dans la base de données ODARC – MVA (229 individus) permet d’évaluer la pluriactivité en filière porcine.
On constate que les producteurs porcins sont très diversifiés. Environ 65% d’entre eux pratiquent plusieurs activités agricoles (hors transformation charcutière). La proportion d’éleveurs transformateurs ne peut être précisée. Environ la moitié des producteurs porcins ont 2 ateliers et 13%, pratiquent 3 activités agricoles.
Les producteurs porcins en monoactivité représentent 35% de l’échantillon.
 
En double activité, la seconde orientation agricole est souvent l’atelier bovin (29%) devant l’atelier productions végétales (13%) et l’atelier caprin (4%). Les ateliers agritourisme, apiculture, équin et ovin ne représentent, chacun, qu’environ 1% de l’échantillon.
En triple activité, les orientations agricoles les plus fréquentes sont bovins/caprins (4%) et bovins/productions végétales (3%). On observe également les ateliers bovins/agritourisme (1%), bovins/ovins (1%) et ovins/caprins (1%). Dans ce groupe, les autres systèmes de production ternaires ont une représentativité inférieure à 1% et sont regroupés dans la colonne « Autres diversification ».
Parmi les exploitants qui pratiquent 4 activités agricoles, les orientations les plus souvent observées sont bovins/équins/agritourisme (1%) et bovins/ovins/caprins (1%). Les autres systèmes à 4 productions ont une représentativité inférieure à 1%.
Il faut noter que parmi les producteurs porcins qui possèdent un atelier en production végétale, 10% sont orientés en castanéiculture. Dans notre échantillon, aucun producteur porcin ne produit des COP (céréales, oléagineux et protéagineux) et moins de 1% d’entre eux produisent des fourrages destinés à la vente. Ces derniers ont également un élevage bovin.
 
Page: 1/3 - Page Suivante
  • Retour
  • Format imprimable
  • Sommet de la page

Recherche

Newsletter

Événements