Filières animales - bovine

Filiètre bovine

 

A fin 2008, les services d’Identification Pérenne Généralisée (IPG) des chambres départementales d’agriculture recensaient 1 157 exploitations détentrices de bovins dont 634 en Haute-Corse et 523 en Corse-du-Sud. Pour autant, seuls 952 éleveurs bovins ont effectué une demande d’ICHN.

 

On dénombre 952 exploitations détentrices de bovins ayant effectué une demande d’ICHN. Les territoires les plus représentés en élevage bovin sont la Balagne, le Centre Corse et le Taravo / Valinco / Sartenais, avec respectivement 17%, 15% et 13% des exploitations.
 
La différence observée entre le nombre d’exploitations détentrices de bovins et le nombre d’exploitants ayant effectué une demande d’ICHN pourrait s’expliquer par :
- une inéligibilité manifeste de certains éleveurs (simples détenteurs, revenus hors fourchette éligible, etc.) qui ne font pas de demande d’ICHN
- des oublis et dépôts de dossiers hors délais
- un choix personnel
 
       
         

Les surfaces

Les surfaces agricoles utiles affectées à l’élevage bovin sont en moyenne de 108 ha par exploitation sur l’ensemble des territoires. Les exploitations ayant la SAU la plus importante se situent en Centre Corse, Ouest Corse et Balagne avec des moyennes respectives de 134 ha, 131 ha et 122 ha par exploitation.
 

Le cheptel

Le cheptel bovin, évalué sur la base des données provisoires AGRESTE 2008 s'élève à 76450 têtes de bétail, dont les 2/3 environ sur la Haute-Corse.
La Balagne et le Centre Corse contiennent 40% de l’effectif total de la région. C’est également dans ces territoires que l’effectif moyen par exploitations est le plus élevé, soit respectivement 69 UGB en Balagne et 64 UGB en Centre Corse. La Castagniccia est le territoire qui détient le moins de bovins. La Plaine Orientale, qui présente des potentialités agronomiques importantes, ne contient que 9% du cheptel régional.
En moyenne, les exploitations insulaires détiennent 40 vaches mères (53 en Balagne, 50 en Centre Corse ; seulement 26 en Pays Ajaccien et 32 dans le Taravo/Valinco/Sartenais). Celles-ci représentent environ la moitié du cheptel total d’une exploitation.
Après 2 ans de stabilité des effectifs, l’année 2007 avait été marquée par une augmentation de 7,5% du nombre de bovins. On dénombrait alors 79 090 têtes dont 40 900 vaches nourrices. En 2008, le nombre d’animaux devrait diminuer d’environ 4% pour atteindre 76 450 individus, dont 39 700 vaches nourrices. La mesure de retrait des vaches de réforme et la mortalité inhabituelle des bovins en 2008 sont probablement les deux évènements à l’origine de cette diminution. L’effectif se maintiendrait toutefois à un niveau supérieur à celui de 2006. Plus de 60% des animaux sont situés en Haute-Corse.
 
 

 

     
         

La production

La production bovine 2008 est évaluée à près de 3 900 t pour 28 230 têtes. Environ 60%, en nombre d’individus et en poids, sont produits en Haute-Corse. La production est constituée de veaux, de jeunes bovins et, dans une moindre mesure, d’animaux de réformes. Ces derniers sont encore difficiles à valoriser.
En 2007, la production bovine était évaluée à 4 060 t pour 28 905 têtes. Elle était en progression de 19,5% par rapport à 2006. Les premières estimations indiquent que 2008 devrait voir cette production diminuer d’environ 4%.
Avec 12 producteurs détenant 549 animaux certifiés, la part d’agriculture biologique en filière bovine est assez faible en 2008. Toutefois, 10 producteurs possédant 528 animaux étaient en phase de conversion, ce qui montre un certain enthousiasme pour ce mode de production. Globalement, l’effectif d’animaux certifiés ou engagés en agriculture biologique représente environ 1,4% du cheptel bovin insulaire. A fin 2008, 1 475 ha étaient certifiés Agriculture Biologique en élevage allaitant (bovin et ovin) et 1 124 ha étaient en phase de conversion.

 

Les comptes de la filière bovine ont été estimés sur la base des statistiques agricoles provisoires 2008 d’Agreste. Ils peuvent donc encore légèrement évoluer. En revanche les chiffres annoncés pour 2007 sont réalistes.

 

En valeur, la production des exploitations bovines était évaluée à 10,55 M € en 2007. Sur la base des comptes provisoires et à euros constants, on peut s’attendre à une diminution de l’ordre de 4% en 2008. Le montant global des subventions sur les produits bovins devrait rester stable à 9,47 M €. On estime la valeur totale de la production bovine 2008 à moins de 20 M €, dont environ 45% de subventions.
 

La pluri-activité

L’échantillon d’éleveurs présent dans la base de données ODARC – MVA (869 individus) permet d’évaluer la pluriactivité en filière bovine.
Environ 32% des éleveurs bovins effectuent 2 activités. La plupart sont orientés en productions végétales (9%), en élevage ovin (9%), en élevage porcin (8%), en élevage caprin (4%) et, dans une moindre mesure, en élevage équin (1%) et en agritourisme (1%).
 
Les éleveurs bovins qui effectuent 3 activités sont en nombre moins important (6%). Les principales orientations sont caprins/porcins (1%), productions végétales/agritourisme (1%) et porcins/productions végétales (1%). Les autres systèmes de diversification ternaires et tous les systèmes à quatre productions ont une représentativité individuelle inférieure à 1% et ont été regroupés dans la colonne « Autres diversifications ». Globalement, ils représentent 4% des éleveurs bovins.
On peut également évaluer la fréquence des activités complémentaires à l’élevage bovin. Le graphique suivant montre quels sont les ateliers les plus souvent observés dans notre échantillon.
Environ 61% des éleveurs ne font que de l’élevage bovin et 39% ont une ou plusieurs autres activités agricoles.
Environ 13% des éleveurs bovins ont également une activité dans le domaine des productions végétales (cultures diverses, production et vente de fourrages, activité forestière). Les ateliers ovins (11%) et porcins (11%) sont également bien représentés. Dans une moindre mesure, on observe également les ateliers caprins (6%), équins (3%), agritouristique (2%) et apicole (1%).
Enfin, parmi les éleveurs bovins diversifiés en productions végétales, un peu plus de 2% produisent du fourrage et des COP (céréales, oléagineux et protéagineux) destinés à la vente.
 

Les produits

Les éleveurs produisent du veau, du manzu et des veaux maigres. Les races bovines utilisées sont à dominante continentales en plaine et à dominante corses en montagne. Les chambres départementales d’agricultures fournissent un appui technique aux éleveurs et les conseillent dans le développement de leurs exploitations. Les GDSB participent au soutien des exploitations dans le domaine du sanitaire.
Aujourd’hui, la filière bovine s’est orientée vers deux produits bien définis : le veau et le manzu. A fin 2008, 158 exploitants adhéraient à la démarche « Corsicarne ». Cette démarche nécessite d’adhérer également à la Charte des Bonnes Pratiques d’Elevage.
Une association régionale, Corsica Vaccaghji, fédère la plupart des associations territoriales et définit les axes de développement de la filière. Les associations et coopératives territoriales s’occupent de collecter les produits (veaux et manzi) et de trouver des débouchés commerciaux. Des engraisseurs collectent les veaux maigres sur les exploitations.
 
Le veau « bio »
Le veau bio est un produit haut de gamme qui peut se vendre jusqu’à 7,50 €/kg. Cependant, le marché du bio étant particulièrement exigeant, les conditions pour arriver à ce prix sont drastiques :
-          il faut souvent respecter un cahier des charges supplémentaire imposé par le client ;
-          l’exploitation doit présenter une réelle autonomie alimentaire (aliment concentré proscrit) ;
-          le mode de production doit contribuer à l’originalité du goût (importance des espèces pâturées).
Le prix moyen de vente du veau bio au consommateur est difficile à évaluer. Cela peut aller de 13,50 €/kg pour du sauté à 30 €/kg pour du filet. En semi-paré, le prix moyen de certaines pièces peut atteindre 14,50 €/kg.
 
 
Associations et coopératives territoriales
 
Balagne
o        Association Balanine des Eleveurs Producteurs
 
Centre Corse
o        Association Départementale des Eleveurs de Haute-Corse
o        Association pour le Développement de la Filière Viande
o        Groupement des Producteurs Bovins de Montagne
 
Plaine Orientale
o        Association des Eleveurs de la Plaine Orientale
o        Coopérative I Pastori (Plaine Orientale)
 
Pays Ajaccien
o        Association Départementale des Producteurs de Viande Bovine de Corse-du-Sud
o        Coopérative Altra Carri
 
Extrême Sud
o        Association des éleveurs bovins de l’Extrême Sud
o        Association des éleveurs bovins du Valinco-Sartenais
 
Ouest Corse
o        U Manzu Corsu
 

L'abattage et la commercialisation

La Corse compte quatre abattoirs susceptibles d’abattre des bovins et quelques ateliers de découpe qui assurent la transformation. 
Les metteurs en marché commercialisent les produits bovins. Il s’agit des grossistes, des GMS, des supérettes et des bouchers.
Le marché est relativement confus, même si ces dernières années, il a tendance à s’organiser, notamment avec le travail réalisé par certaines associations d’éleveurs en amont de la filière (présélection des animaux, calendrier prévisionnel de vente, etc.) et en aval (démarchage auprès des metteurs en marché, etc.).
Le marché concernant la population maghrébine n’est pas négligeable mais difficile à évaluer puisque souvent non déclaré.
 
Les prix de vente du veau et du manzu varient suivant l’âge et la conformation des carcasses. Pour un veau de 5 à 6 mois bien conformé, le prix de vente départ exploitation (hors abattage) peut se situer autour de 5,80 €/kg. En revanche, pour un veau de 8 mois, le prix tend vers 4,30 €/kg. Les manzi se vendent dans une fourchette de 3,50 à 4,50 €/kg.
 
Le prix peut également varier suivant que le producteur vend directement ses produits aux metteurs en marché ou bien sollicite une association territoriale. Par exemple, en vente directe à un boucher, le prix du veau de 5 à 6 mois peut grimper jusqu’à 6,30 €/kg, mais cela reste exceptionnel.
 
En vente directe, on observe essentiellement trois cas :
- Lorsque les produits sont vendus directement à la population maghrébine ou aux bouchers, le prix peut se négocier à la tête. Selon la CDA 2B, celui-ci peut varier entre 350 et 600 €/tête selon l’âge, le poids, la race et la conformation de l’animal. Le prix de 600 € reste tout de même assez exceptionnel.
- Les veaux maigres sont vendus aux engraisseurs à un prix variant, en moyenne, entre 75 € et 250 €/tête suivant le stade de finition de l’animal. Toutefois, il arrive que les maquignons négocient ces veaux en deçà de cette fourchette, à 60 €, voire 50 €/tête, notamment lorsque l’éleveur propose un nombre d’animaux élevé.
- Lorsque l’éleveur fait sa découpe lui-même, le prix moyen de vente observé est environ de 6 à 8 €/kg. En général, il s’agit surtout de manzu dont la vente est effectuée en assortiment de pièces (caissettes de 5 kg, barquettes, etc.).
Le coût d’abattage d’un veau est évalué à 0,435 € HT/kg et celui d’un gros bovin, à 0,438 € HT/kg. Il faut ajouter 1,68 € HT/tête pour les bovins de moins de 30 mois (48 mois au 1er janvier 2009) et 30,32 € HT/tête pour les autres bovins, ce dernier coût comprenant un test ESB obligatoire. L’abattage est réalisé par l’éleveur ou par l’association à laquelle il adhère, les frais étant souvent inclus dans le prix de vente de la carcasse, mais ce n’est pas systématique. Parfois, l’abattage reste à l’entière charge de l’éleveur. Aux frais d’abattage, il faut rajouter les frais de livraison des carcasses, qui se situent dans une fourchette de 0,10 € à 0,15 €/kg.
 
Le coût de la découpe peut être évalué, en moyenne, à 1,20 €/kg. Le prix des pièces découpées, quant à lui, varie suivant les parties envisagées (escalopes, roti, côtes, sauté, etc.). On peut toutefois considérer que les metteurs en marché pratiquent une marge globale moyenne de 1,4 sur la base du prix de la carcasse initiale.
 
Les prix moyens de vente des pièces de viande observés en GMS vont de 9,33 € pour du sauté de manzu à 20,52 € pour des escalopes de veau. Les prix varient suivant la pièce de viande, l’âge de l’animal et la microrégion envisagée.

 

La Corse compte 4 abattoirs où des bovins peuvent être abattus. Deux sont adhérents au SMAC :
- Cuttoli
- Porto-Vecchio
- Ponte-Leccia (non adhérent au SMAC)
- Migliacciaru (non adhérent au SMAC)
L’abattoir de Sartène a été fermé en 2008 car il n’est plus aux normes sanitaires en vigueur.
 
Après enquête auprès du SMAC et de la DSV de Haute-Corse, on peut estimer assez précisément le nombre et le tonnage de bovins abattus en Corse en 2008 : 14230 têtes de bétail, qui représentent 1918 tonnes de viande.
 

Une marque collective

La filière bovine a initié une démarche de structuration sur la base du développement d’une marque collective. Deux produits ont été mis en avant : le veau et le manzu. L’objectif final est de créer une interprofession. Un appui technique est dispensé aux éleveurs engagés dans la démarche. Environ 400 élevages sont prévus à fin 2010.
 
Des travaux sur la race corse ont été entrepris, ainsi qu’une démarche de certification. Le but est de mettre en place un signe officiel de qualité lié au terroir sur les produits bovins.
 
La filière bovine souhaite également faire adhérer certains élevages en races pures (Aubrac, Gascons, Limousins, Charolais) à leur Herd-book respectif. Le but est de limiter les importations de reproducteurs afin, notamment, de se préserver d’éventuelles pathologies exogènes et de diminuer les coûts de transport. Ceci permettrait également d’obtenir des reproducteurs adaptés au contexte géoclimatique insulaire.
 
D’autres chantiers sont envisagés mais non encore formalisés. Des études sont prévues sur les thèmes suivants :
- atelier de découpe,
- ateliers collectifs de gestion des animaux jeunes,
- amélioration de la compétitivité de la filière,
- coûts d’alimentation

 

Cet article provient du site de Office du Développement Agricole et Rural de la Corse
http://www.odarc.fr/index.php